Drépanocytose et phytothérapie : entre espoir et défis

Drépanocytose et phytothérapie : entre espoir et défis

Le jeudi 27 novembre 2025, le Département des médicaments traditionnels améliorés de l’Institut de Recherche en Sciences de la Santé (IRSS) a organisé une matinée scientifique consacrée à la drépanocytose et à la phytothérapie.

La rencontre s’est tenue dans la salle bleue de la Direction générale de l’IRSS et a réuni des chercheurs issus de divers domaines scientifiques.

La drépanocytose est une maladie héréditaire liée à une anomalie de l’hémoglobine. Elle représente un lourd fardeau pour les familles, tant sur le plan économique que social, et affecte considérablement la qualité de vie des patients. Ces derniers sont souvent confrontés à des douleurs chroniques, à des hospitalisations fréquentes et à un accès limité aux traitements.

Face à cette réalité, les patients drépanocytaires et leurs familles se tournent de plus en plus vers des solutions alternatives, notamment la phytothérapie, un traitement basé sur l’utilisation des plantes pour prévenir, soulager ou guérir certaines maladies. Cette approche apparaît comme une option prometteuse, surtout lorsque les traitements classiques, encore peu satisfaisants, s’avèrent coûteux, parfois toxiques et peu accessibles aux populations à faible revenu, comme cela est ressorti de cette rencontre.

La République démocratique du Congo, avec près de 47 % des forêts africaines, dispose d’une biodiversité exceptionnelle, constituant un atout majeur pour le développement de phyto-médicamentsdestinés au soulagement des personnes atteintes de drépanocytose. Plusieurs plantes recensées en RDC ont déjà démontré une activité antifalcémiante satisfaisante, faisant d’elles des sources potentielles de médicaments à base de plantes.

Intervenant en tant qu’orateur principal, Monsieur Mbembe Delly, attaché de recherche à l’IRSS et chef du Département des médicaments traditionnels améliorés, a rappelé que la phytothérapie est une pratique ancienne, utilisée depuis des millénaires. Selon lui, elle mérite d’être pleinement intégrée dans l’approche thérapeutique moderne, car elle constitue souvent une alternative accessible pour les patients.

Il a également souligné que de nombreux médicaments modernes tirent leur origine des plantes, citant notamment la quinine, la chloroquine, l’artémisinine et ses dérivés tels que l’artésunate et l’artéméther. Par ailleurs, certaines plantes alimentaires, comme le manioc, peuvent être transformées en alicaments, des aliments aux propriétés thérapeutiques.

Enfin, les pistes de recherche dans ce domaine restent cruciales. Elles pourraient conduire au développement de nouveaux traitements ou de compléments alimentaires capables de soulager, voire de guérir, les patients drépanocytaires. La priorité actuelle, comme l’a expliqué Monsieur Sylvain, est de confirmer scientifiquement les propriétés curatives de ces plantes et d’identifier les principes actifs les plus efficaces.


0 0 votes
Évaluation de l'article
S’abonner
Notification pour
guest

0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires
Retour en haut